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Crise sanitaire

Le couvre-feu en même temps que les soldes : la goutte d’eau de trop pour les commerçants spécialisés dans l’habillement !

Le couvre-feu étendu à 18h sur tout le territoire est un coup dur pour les commerçants de prêt-à-porter. Ils espéraient « un mieux » en ce début d’année, grâce, notamment, aux soldes. Déception : la fermeture des rideaux à 18h va amoindrir le succès de ces dernières.

Prévues à l’origine à partir du 8 janvier 2021, les soldes d’hiver avaient été reportées en raison des difficultés économiques rencontrées par les commerçants subissant la crise sanitaire. Ces derniers auraient bien voulu un 2 ième report... refusé. Les soldes ont donc démarré le 20 janvier et se termineront le 16 février... Soit un démarrage quasiment aligné sur celui du couvre-feu à 18h, démarré le 16 janvier !

Le secteur du prêt-à-porter abattu



Une déception de trop pour les commerçants spécialisés dans le textile qui ont du mal, contrairement à d’autres commerçants, à adapter leurs horaires d’ouverture. En effet, si les consommateurs imaginent aller faire leurs courses alimentaires à partir de 7h du matin, avant de se rendre à leur bureau, très peu d’entre eux envisagent d’aller faire les soldes aussi tôt le matin...

De fait, dans le secteur du prêt-à-porter, les ventes réalisées entre 18h et 20h représentent souvent 20 % à 30 % du chiffre d’affaires. Les achats « coups de cœur » effectués sur la route du retour entre le bureau et la maison pèsent lourds. Sans ces occasions de vente, le manque à gagner pourrait être fatal à certaines enseignes. Et ce n’est pas les ventes faites aux consommateurs du week-end (y compris le dimanche) qui rattraperont entièrement cette perte.
L’idée de se rendre dans des boutiques « surpeuplées » risque de stopper les envies de sortie de certains.
Accessible 24h/24, Internet va, une fois encore, concurrencer fortement les commerces d’habillement et se tailler la part du lion.

La prise en charge des frais fixes insuffisante...



La prise en charge par les Pouvoirs Publics des frais fixes est un bon point, mais se révèle moins intéressante pour le prêt-à-porter que pour la restauration, par exemple. De fait, les stocks de vêtements sont achetés de long mois en amont et sont importants dans le prêt-à-porter. Les professionnels de ce secteur nécessitent plus une rentrée de trésorerie qu’un effacement de charges... Et ils comptaient sur les soldes pour se refaire une santé financière. D’autant plus que, déjà, lors des soldes de l’hiver dernier, l’activité avait été fortement pénalisée par les mouvements sociaux.

L’utilisation du web devient une nécessité



L’accélération de la modernisation des techniques de vente devient un impératif. Les plus petites boutiques de prêt-à-porter doivent porter le combat contre les plateformes Internet sur leur propre terrain en proposant, elles aussi, la possibilité de commander en ligne. Pas forcément « instinctif » (y compris chez les clients), ni rentable au début, mais indispensable pour survivre aux crises comme celle que nous vivons.

De nombreuses sociétés proposent aux magasins leurs services pour leur créer des sites Internet, tandis que le Gouvernement met en place des mesures concrètes pour soutenir la numérisation des petites entreprises. Dans le contexte des restrictions sanitaires, l’objectif est de permettre à tous les commerçants, artisans, restaurateurs de développer une activité en ligne, afin de maintenir, voire développer leur activité. Il faut en profiter !

Par Kevin Uzan, fondateur associé chez Commerce Immo.